La foire aux chameaux de Pushkar
Audrey | December 7, 2010Je suis un peu à la bourre là je sais… La foire aux chameaux de Pushkar, c’était il y a un bon 3 semaines… Nous étions déjà allés à Pushkar l’année dernière lors de notre tour dans le Rajasthan, mais nous avons décidé d’y retourner cette année spécialement pour cette foire très réputée. Elle est si réputée d’ailleurs, qu’on en avait entendu pas mal parlé avant, certains disaient que c’était devenu trop touristique, que ça avait perdu son âme, qu’il y avait des nuées de photographes… Même si on était curieux de découvrir par nous-mêmes, de ce fait, on n’avait pas une grosse attente.
Et bien c’est une belle surprise qui nous a attendus sur place. A notre arrivée sur le terrain vallonné de la foire, ce sont des chameaux (des dromadaires en fait) à perte de vue que nous avions de tous côtés : très impressionnant ! Les nomades qui les accompagnaient renforçaient encore plus l’exotisme du paysage : des turbans multicolores, des moustaches simples aux plus excentriques, des anneaux dans les oreilles, des pagnes blancs, les babouches en cuir… tous ces hommes portaient le costume typique qui fait le charme du Rajasthan. Certains étaient affairés à la préparation des chameaux : tonte du pelage en laissant des décorations aux formes géométriques, teinture en noire du pelage restant, exhibition de la dentition de la bête aux potentiels acheteurs… d’autres étaient occupés à préparer le thé ou encore des chapatis pour le déjeuner et quand même une bonne majorité prenaient plutôt l’option tranquille de papoter avec les copains, boire le thé et fumer dans des chillums…
Des chameaux, des chameaux et encore des chameaux
Turbans
Belle moustache !
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Préparation des chameaux
C’est le pompom !
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Nomades sur la foire : un qui pense en regardant son chameau,
un autre concentré à fumer dans son chillum
En rang
Des touristes et des photographes, oui il y en avait mais vu l’étendue de la foire, on était loin de se marcher dessus. C’est surtout l’atmosphère hors du temps et authentique qui nous a marquée. Et pour rester dans l’ambiance nomade du désert, nous dormions dans un camp de tentes non loin de là et c’est en carriole tirée par un chameau à travers les petits chemins de sable que nous nous rendions sur le terrain de la foire. Et le soir, comme nous étions partis avec plusieurs amis de Bangalore, c’était ambiance apéro convivial devant les tentes : nous gardons tous un excellent souvenir de ce week-end.
Scène de vie sur la foire aux chameaux de Pushkar
Nomades emmenant leurs chameaux se nourrir des arbustes aux environs
Négotiation et étude de la dentition du chameau
Nomades et chameaux
En route pour le dîner dans la brousse voisine
Chameaux en ombres chinoises lors du coucher de soleil sur la foire de Pushkar
Toujours de Chetan Bhagat, j’ai aussi lu “One night @ the call center”, qui décrit, comme son nom l’indique, une nuit dans un centre d’appels avec en toile de fond une histoire d’amour. Un peu moins passionnant que « 2 States » dont je vous ai parlé précédemment, ce livre reste intéressant et est rapide à lire. Il permet de voir ce qui se passe en coulisse des call centers indiens où atterrissent maintenant une bonne partie des appels de hotlines américaines pour tout ce qui est informatique, électroménager, services télécoms… En France, c’est vrai qu’on est un peu plus épargnés et ceci à cause de la langue, mais le parallèle avec le Maroc par exemple est vrai.
Je voulais vous faire part du livre que je viens de terminer et que j’ai adoré : « 2 States » de Chetan Bhagat qui est maintenant un best seller en Inde. Il s’agit de l’histoire de deux jeunes gens, Krish et Ananya, qui tombent follement amoureux et souhaitent se marier. « Bon et alors ? », allez vous me dire. Ca n’a pas l’air très original, effectivement en Europe cela commence comme ça et ensuite on se marie et on a beaucoup d’enfants et voilà. Mais en Inde, c’est un peu plus compliqué que ça. Les mariages d’amour, ce n’est pas monnaie courante ici. Non, ce qui domine largement ce sont encore les mariages arrangés (même chez les gens ayant fait des études qu’on pourrait penser plus émancipés, mais non…) avec les parents qui décident avec qui leurs enfants vont passer le reste de leur vie. Alors pour que ce soit plus facile, ils choisissent bien sûr des personnes du même milieu, de la même caste, de la même région. Et si les thèmes astrologiques des enfants coïncident (ne rigolez pas c’est sérieux ici), alors là banco, on célèbre la noce alors que parfois les futurs époux se sont vus à peine quelques heures. Krish et Anyana n’ont pas non plu choisi l’option « d’enlever » Anyana pour se marier (option souvent adoptée dans ce cas). Non, dans le livre, les deux jeunes veulent vraiment le consentement de leurs parents respectifs. Donc vous aurez compris que faire accepter un mariage d’amour n’est pas chose facile en Inde, mais pour compliquer le tout, les deux jeunes amoureux viennent de deux régions qui divergent en termes de culture et de coutumes. Une famille est du Punjab, dans le Nord de l’Inde et l’autre du Tamil Nadu, dans le Sud de l’Inde. En lisant ce livre, on a peine à croire qu’ils sont citoyens du même pays tant on a affaire à un dénigrement de l’autre, on assiste à un vrai racisme inter-état.






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