Incompréhensions mutuelles
Audrey | September 11, 2009Depuis mon arrivée en Inde, je me suis posée pas mal de fois des questions sur mon anglais… Mes conversations avec les indiens ressemblant souvent à un dialogue de sourds. Aussi bien quand moi j’exprime quelquechose, je vois bien qu’en face il ne se passe rien, aucune lueur de compréhension dans les yeux de mon interlocuteur mais plutôt des points d’interrogations. Et quand ils me répondent, alors il m’arrive de me demander s’ils ne me répondent pas en hindi ou en kannada (langue du Karnataka, état où se trouve Bangalore)… Parfois c’est comique, vraiment.
Alors je ne généralise pas à tous les indiens car avec ceux ayant un certain niveau d’études, cela se passe plutôt bien, on peut avoir une conversation classique (on se fait vite à l’accent au roulage de ‘Rrrrr’). Le problème se pose plus avec les indiens ayant un niveau scolaire plus basique, comme le gardien de l’immeuble, le chauffeur, les conducteurs de rickshaw, les agents du centre d’appel d’Airtel (le France Télécom local)… Eux ont un accent tellement fort et ne sont pas habitués aux accents différents.
C’est ainsi la lutte pour essayer d’avoir le wifi sur notre connexion internet, la lutte pour expliquer notre destination au rickshaw, la lutte pour expliquer au gardien que la maid a vu des traces de rats dans le jardin et si il peut vérifier ça avec le jardinier… Parfois on persiste et on finit tant bien que mal à se comprendre quand même, parfois il faut se résigner…
Heureusement qu’il y a l’OWC pour rencontrer des anglophones non indiens et essayer d’avoir des conversations en anglais qui ressemblent un peu plus à quelquechose. N’étant tout de même pas bilingue, je vais d’ailleurs profiter d’être ici pour prendre des cours d’anglais et essayer de grimper d’un niveau, j’ai rendez-vous demain avec une prof.
Pour revenir aux situations d’incompréhensions, il n’y a pas qu’à moi que cela arrive, mais à Stéphane également. Voici d’ailleurs une anecdote qui m’a marquée tellement le moment était drôle. Cela se passait lors de notre voyage de reconnaissance, pendant une journée de visites d’appartements avec Saji, un employé des services généraux de la boîte de Stéphane. Nous étions dans la voiture et nous discutions, Saji nous ayant auparavant dit qu’il partait le soir même en train pour le week-end pour voir sa famille dans le Kérala. Stéphane lui demande alors à quelle heure est son train. Et là, réponse de Saji : « Non je ne mange pas d’habitude le midi » … Enorme ! Moi à côté, j’ai bien ri…

Après s’être faits baladés jusqu’à présent uniquement par notre chauffeur dans une voiture confortable et climatisée, nous avons décidé en ce samedi de nous « risquer » à prendre un rickshaw, le touc-touc local. N’oublions pas tout de même notre âme de backpackers aventureux ! Direction M.G. Road (Mahatma Gandhi Road), une des artères principales de ville, histoire de poursuivre notre repérage. Prendre un rickshaw est assez facile, car il en passe un toutes les 2 secondes. La difficulté réside plutôt dans le niveau de maîtrise de la ville par le conducteur. Pour l’aller, pas trop de problème, tout le monde connaît M.G. Road. Par contre, le retour pour nous ramener dans notre quartier Richard’s Town est moins évident. Notre chauffeur nous avait bien conseillé de donner le Richard’s Park et Mosque Road (à prononcer toujours selon ses conseils « Mask Road » pour l’accent) comme repères connus. Mais cela ne fait pas toujours l’affaire et nous avons été obligés de quitter un premier rickshaw pour en prendre un autre connaissant ces lieux. Le prix de la course est quant à lui modeste, il nous en a couté 40 Roupies (0,60 euro) pour un trajet. Contrairement à ce qui nous avait été dit, pour cette fois au moins, nous n’avons pas eu à marchander, les conducteurs n’ayant émis aucune opposition à l’utilisation de leur taximètre. Cette sortie nous a permis de nous promener de manière un peu plus autonome qu’avec le chauffeur.






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