Festival de masques et de couleurs

Aujourd’hui, nous finissons cette série d’articles sur le Bhoutan avec le temps fort du voyage : les festivals. Dans chaque district au Bhoutan à différents moments de l’année, se déroule une fois par an dans le dzong ou un monastère un festival que l’on appelle tsechu. Un tsechu n’est pas une distraction mais avant tout un événement religieux bouddhiste. A travers des danses et des mises en scènes, les moines relatent des moments de la vie de Guru Rimpoche, connu aussi sous le nom de Padmasambhava, ou encore des enseignements du bouddhisme.

Une des danses les plus connues est par exemple, le jugement de la mort, qui permet aux fidèles qui assistent à la représentation de comprendre comment se passera ce moment ultime. Assis face au juge et à des jurés sous forme d’animaux (dans la religion bouddhiste on insiste sur le fait de ne jamais faire de mal aux animaux…), les pêchers et les bonnes actions du défunt seront confrontés pour décider dans quel monde de réincarnation, dépeints dans la roue de la vie, il poursuivra son chemin.

Juge_de_la_mort

Le juge de la mort

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Séance de jugement du défunt

Representants_du_paradis

Représentants du bien

Representant_de_l_enfer

Représentant du mal

Une autre danse à laquelle nous avons assistée est celle des chapeaux noirs, durant laquelle les danseurs au chapeau noir surmonté d’une tête de mort se lancent dans des mouvements rituels lents censés éloigner les démons pour laisser place par la suite aux autres danseurs.

Les masques que portent les moines pour incarner les différents personnages sont considérés comme des objets sacrés conservés dans les temples comme de vrais trésors. On dit que les moines effectuant les danses, lorsqu’ils revêtent leur costume et le masque sont comme envahis par un esprit divin qui parle et bouge à leur place pour diffuser le message des dieux.

Danse_des_chapeaux_noirs

Danse des chapeaux noirs

Chapeau_noir

Costume travaillé et coloré

Pour la population, même si le festival a une connotation religieuse sérieuse, c’est quand même un moment festif et joyeux. Tous les gens sortent leur plus belle tenue traditionnelle, le gho pour les hommes et la kira pour les femmes, fabriqués dans les tissus les plus fins et les plus richement ornés. Les femmes sortent également leurs plus beaux bijoux pour se rendre au tsechu. C’est un grand moment de convivialité et de socialisation, voir même de rencontres amoureuses. La majorité du district étant présent, c’est ainsi l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes surtout lorsqu’on habite un village isolé. Le public vient donc se rassembler dans la cour en plein-air du dzong où a lieu la représentation. Pour la pause de midi, on les retrouve dans les pelouses alentours du dzong pour des pique-niques où la bonne humeur est de mise.

Du matin jusque dans l’après-midi, les danses s’enchainent, et cela durant 3 ou 4 jours. Nous avons assisté à une journée du festival de Wangdue et une matinée de celui de Timphu. Celui de Wangdue, à taille plus réduite que celui de la capitale, nous a vraiment marqué. Assis parmi la foule de locaux, nous étions très impressionnés par ces danses hautes en couleurs, ces personnages aux masques tantôt effrayants tantôt féériques dont le costume tournoyait au rythme des percussions.

Festival_Wangdue_BhoutanAnimal_du_paradis

Danseurs masqués représentant les dieux

Danse_tourbillonnante_festival_Bhoutan

Danse tourbillonnante d’une manifestation de Guru Rimpoche

Plus que jamais encore, nous étions vraiment plongés dans une autre époque, où les gens du peuple dans leurs costumes anciens assistaient dans la cour d’un château à quelque représentation théâtrale.

Danses_festival_Wangdue

Cour du dzong de Wangdue lors du festival

Avant de quitter Wangdue, le lendemain matin, nous avons pu assister à la présentation du grand Thangkha sacré de Guru Rimpoche. Ce Thangkha monumental n’est déplié qu’une fois l’année sur la façade intérieur du dzong, à l’occasion du dernier jour du festival. Cet événement sacré est accompagné d’une cérémonie et de prières et la population se déplace en masse à l’aube pour observer cette toile sacrée. On lui attribue notamment la faculté de laver de tous les pêchers d’une vie à sa simple vue, cela vaut donc le déplacement… Par contre, dès que les premiers rayons du soleil menacent de passer le toit du dzong et frapper le Thangkha, celui-ci est immédiatement désinstallé pour rejoindre son coffre de rangement jusqu’à sa prochaine sortie l’année suivante.

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Sortie du tangkha géant de Guru Rimpoche

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